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Scénario pour le futur du travail : le quaternaire sera quaternIAire

Avec Jeremy Lamri, entrepreneur et chercheur, fondateur de Tomorrow Theory, grand amateur de distopies liées au monde du travail



Jérémy Lamri est un entrepreneur, chercheur, et il partage ici sa vision de l'apparition du secteur quaternaire basé notamment sur l'IA, un genre de quaternIAire
Jérémy Lamri, entrepreneur et chercheur en RH, grand amateur de distopie





Jeremy Lamri est entrepreneur et chercheur spécialisé sur les sujets du potentiel humain, avec un intérêt pour tout ce qui pourrait affecter demain notre capacité à travailler, à nous développer et à nous épanouir.


Dans cet épisode du Human Factor, ce grand amateur de distopies, nous invite à explorer un scénario de futur du travail, ouvert par l'émergence de l'IA, le secteur quaternaire. De là à dire que le futur du travail est le quaternIAire... Jéremy le dit et le partage ici...

SCENARIO POUR LE FUTUR DU TRAVAIL : C'EST QUOI LE QUATERNAIRE ?


Aujourd’hui, nous sommes dans une économie à trois secteurs : primaire, secondaire et tertiaire. Dans le futur, un nouveau pan de l'économie pourrait se préparer qui s'appelle le secteur quaternaire. Cette idée existe depuis environ 50 ans, mais les experts divergent sur sa signification et sur ce qui pourrait être inclus dans cette nouvelle économie quaternaire. 


Principe de l’évolution de l’économie


Par principe, on ne sait pas forcément quels métiers pourraient exister dans le futur, et la plupart des métiers d’aujourd’hui n’auraient pas été viables économiquement dans le passé. C’est le principe de l'évolution de l’économie.


C’est une évidence, mais en 1920, il aurait été compliqué de gagner sa vie avec des podcasts… (aujourd'hui aussi d'ailleurs...)


Historique des 3 grands secteurs


Pour comprendre simplement ce que pourrait être le secteur quaternaire, revenons sur un petit historique des trois premiers secteurs :


  1. Le secteur primaire : C’est le secteur agricole. En 1850, la quasi-totalité de l’humanité travaillait dans ce secteur, comme fermiers, ouvriers agricoles. Mais l'introduction du tracteur a révolutionné ce domaine, car un seul tracteur pouvait remplacer 400 personnes ! Si on avait demandé aux gens de l’époque ce qui allait se passer pour la population, ils auraient dit : notre métier n’existe plus, ça va être un chômage de masse. (Mais on ne leur a pas demandé).


  1. Le secteur secondaire : L’innovation qui a permis au tracteur d’exister a aussi permis la création de l'industrie et du secteur industriel, c’est le secteur secondaire. Le secteur industriel a absorbé tous les emplois détruits dans le secteur primaire, et il en a même créé d’autres, puisqu’à ce moment-là on a eu une explosion démographique. Le secteur industriel s'est donc mis à créer plein de jobs dont on aurait jamais pensé qu'ils puissent exister.


  1. Le secteur tertiaire : À partir des années 1950, le secteur tertiaire, axé sur les services, a commencé à prendre de l'importance. Cette évolution a été favorisée par l'informatique, la mondialisation et les changements dans les modes de consommation. Pour la première fois en 2024, le secteur tertiaire est devenu dominant, avec plus de la moitié de la main-d'œuvre mondiale y travaillant ! (du moins dans les pays dits développés). En France, c'est même entre 75% et 80% de la population active qui travaille dans le tertiaire. Ce secteur est donc arrivé à maturité.


LE CHEMIN VERS LE QUATERNAIRE PASSE PAR LE QUATERNIAIRE


L’IA comme point de bascule vers le secteur quaternaire


L’IA est probablement un des éléments qui ouvrira ce chapitre d'un secteur quaternaire. Car l’accélération permise par l'IA est du même ordre que celle permise par l'industrialisation, puis celle engendrée par l’informatique.


Futurs possibles après cette bascule


Est-ce qu'il y aura moins d’emplois ?

Non, déjà parce que de nouveaux métiers vont émerger. Ce n’est pas parce qu’on arrive pas à les mentaliser aujourd’hui qu’ils ne pourront pas exister demain. C'est toute la difficulté de penser demain avec les outils d'aujourd'hui. De nouveaux métiers arrivent déjà, encore en lien avec l'économie tertiaire, ne serait-ce que pour faire tourner l'IA, mais de nouvelles activités vont continuer à se développer autour de l’IA.


Ensuite, parce qu’on est une société d'humains, et ce n’est pas parce qu’un métier sera remplaçable par une IA qu’il sera forcément remplacé en totalité par l’IA. Prenons l’exemple des hôtes de caisse (les caissières dans le monde d'avant) : rien n’empêche en théorie qu’ils soient tous remplacés par des caisses automatiques. Or cela n’a pas été le cas, d’une part parce que bon nombre de personnes préfèrent interagir avec un humain, et d’autre part parce qu'il faut quand même préserver de l'emploi - c'est un accord tacite avec l'État (ou du moins on l'espère...)


Est-ce que la société va s’écrouler ?

On pourrait penser que la population n’ayant plus d’emploi, elle n'aura plus de revenus et la société va s’écrouler dans le chaos, et tout le monde va mourir. Non, il est peu probable que les gens se laisseront mourir comme cela… (Nous voici rassurés...). Et les acteurs économiques et politiques ne le permettront assurément IApas (voir ci-après).


Est-ce qu’on va pouvoir se la couler douce ?

L’informatique a remplacé bon nombre de tâches, pour autant elle n’a pas permis aux humains de ne plus rien faire. Ce sera pareil avec l’IA. Les occupations seront simplement différentes.


Le monde est toujours un peu plus complexe et systémique que cela, l’économie s'adapte au fil du temps. Il va falloir repenser ce que veut dire travailler. En effet, si vous pouviez demander à vos arrière-grands-parents si ce que vous faites là c'est du travail, ils vous diraient certainement : ce n’est pas du travail ça !


On aura probablement moins d'humains sur certains domaines, mais on conservera des humains dans tous les métiers. Une entreprise ne pourra pas fonctionner sans un minimum d’humains, pour penser les choses, les organiser. Par contre, les humains qui resteront devront être meilleurs, mieux formés, avoir un meilleur relationnel, être capable de faire plus de choses… C'est certain, c'est le sens de l'économie actuellement.


Les 3 raisons pour lesquelles la société résistera

Jérémy identifie trois raisons pour lesquelles la société ne va pas s'effondrer, malgré les changements majeurs qui pourraient résulter de l'avènement de l'économie quaternaire :


  1. Une raison économique : Les acteurs économiques ont besoin que les gens continuent à consommer pour que les entreprises et que la machine économique fonctionnent. Cela signifie qu'ils feront en sorte que les gens aient toujours de l’argent, du pouvoir d'achat (après, il y a toujours une question de distribution des richesses qui peut être inégale et ce n’est pas souhaitable, mais c’est un autre débat).


  1. Une raison politique : Les politiques vont vouloir préserver l'emploi et maintenir la stabilité sociale. Pour cela, ils vont mettre en place des réglementations et des incentives pour que les acteurs économiques jouent le jeu et continuent à créer des emplois.


  1. Une raison psychologique : Il existe des exemples concrets montrant les conséquences désastreuses de l'absence de travail ou de structures de travail dans une société. L'île de Nauru, autrefois l'un des endroits les plus riches du monde grâce à ses réserves de phosphore, a connu une période où le travail n'était plus nécessaire, et le gouvernement a choisi de simplement donner de l’argent à ses habitants. Le résultat a été catastrophique : obésité, dépressions, suicides, criminalité, pollution et gâchis de ressources (pourquoi garder sa voiture quand elle tombe en panne d’essence si on peut en acheter une nouvelle…). Une fois ses réserves de phosphore épuisées, l'île a sombré dans l’extrême pauvreté et la corruption. Une étude a également montré que les enfants de rentiers sont parmi les populations les plus significativement déprimées. La non-activité, les loisirs permanents, font donc de gros dégâts.


D’où l'importance du travail, ou du moins d'une activité qui donne un sens et une structure à la vie des gens.


Un déplacement de la valeur


Comment maintenir cette stabilité, ce pouvoir d'achat, si les emplois disparaissent par l’IA et la robotique ? Ce n’est pas la première fois que l’humanité est confrontée à ce type de problème, et à chaque fois il se passe la même chose : ce qu'on considère comme étant de la valeur se déplace.


Il faut donc trouver des raisons de donner du pouvoir d'achat aux gens, il faut qu'on leur trouve une utilité dans la société qui justifie qu'on leur donne de l'argent.


Mais quelle utilité ? On a aujourd’hui l'impression d'avoir fait un peu le tour des sujets, et que ça va être compliqué. Et pourtant… pas du tout ! Il existe de très nombreuses activités qui sont fondamentales pour que la société fasse société, et qui pourtant ne sont pas bien gérées, pour lesquelles il n’existe pas encore de modèle économique. On peut en citer quelques-unes :

  • la solidarité,

  • la santé,

  • l'éducation,

  • la R&D,

  • l'associatif,

  • l'écologie, etc.


Actuellement, quand on va travailler dans ces domaines, ce n’est pas pour y gagner de l'argent, et globalement ce sont des sujets qui coûtent plus qu'ils ne rapportent. Pourtant, quand on raisonne à très long terme, ce sont des sujets indispensables pour que la société tienne, donc en réalité, ce sont des sujets qui rapportent. À un moment donné, il faudra mettre de la valeur dans ces endroits encore très peu valorisés et peu organisés aujourd'hui. Ce sont de gros réservoirs d’emplois / d’activité.


Une question de choix


Même s’il est tout à fait souhaitable pour notre futur que le secteur quaternaire émerge, il faut garder à l’esprit qu’on peut aussi faire tous les mauvais choix du monde et partir malheureusement dans d'autres directions : on peut choisir le chômage de masse, la concentration des richesses, etc. Créer des bullshit jobs, simplement pour maintenir des personnes employées, n’est pas mieux au niveau des effets sur la santé mentale.


Les obstacles à la mise en place de l’économie quaternaire


Deux défis majeurs se dressent devant la mise en place de l'économie quaternaire :


  1. Le dérèglement climatique : Il va amener des perturbations, des crises politiques, économiques, sociales et sanitaires, donc cela risque d’être extrêmement compliqué de garder l'esprit clair pour pouvoir mettre cette économie en place. 


  1. L'immigration : Elle est essentielle pour maintenir une économie dynamique, mais si elle devient incontrôlée, cela posera des problèmes pour garder le système social tel qu’on le connaît actuellement. Si le revenu contributif ou universel est mis en place, il faudra déterminer qui est éligible, et selon la réponse donnée, cela peut entraîner des tensions sociales. Par exemple, à Caracas au Venezuela, pendant longtemps les Vénézuéliens ont disposé d’un système social généreux, mais les immigrants n’avaient pas les mêmes droits. Résultat : à Caracas, de nombreux bidonvilles se sont créés, avec de gros problèmes de criminalité. Donc il y a un très gros sujet demain (et aujourd'hui quand même) : comment on intègre le facteur de l'immigration dans le modèle social qu'on veut recréer ?


LES CONTOURS DU SECTEUR QUATERNAIRE


Nous allons essayer de voir ici à quoi pourrait ressembler le secteur quaternaire.


Un secteur plus diffus et intégré


Alors que les 3 secteurs primaire / secondaire / tertiaire sont très distincts les uns des autres, il est probable que le secteur quaternaire sera plus diffus et intégré dans les trois premiers.


Par exemple, grâce aux gains de productivité, il y a de fortes chances que demain le temps de travail soit réduit, et qu’on travaille 4 jours plutôt que 5, ce qui permettra de préserver assez d'emplois. Et une partie de la semaine sera probablement consacrée à des activités qu’on ne faisait pas avant : donner des cours dans une école, dédier une journée à une association (comme le propose actuellement la plateforme Vendredi), etc. Et ce sera la norme, parce que :

  • d'une part, ce sera une manière d'occuper les gens ;

  • et d’autre part, les entreprises auront compris que si dans leur modèle économique elles n'intègrent pas toutes ces activités qui permettent à la société de tenir, l'État n'aura plus les moyens de le faire tout seul.


Réduction du temps de travail et nouvelles opportunités


Et donc il faudra trouver un format intelligent dans lequel en tant que salarié d'une entreprise ou contributeur d'une entreprise, une partie de notre activité va toucher à du soin aux personnes, à de la solidarité, à de l'écologie, à de l'éducation, à de la R&D, etc. Tous ces sujets aujourd'hui sont plutôt mis à part, voire parfois dévalorisés. Quand on voit quelqu'un travailler dans la solidarité, la santé, l'éducation, on lui dit plutôt qu'il a du courage…


Finalement, certains des paradoxes économiques que notre économie ne sait pas trop résoudre actuellement (bénévolat pour des causes utiles à la société, métiers indispensables mal payés comme les infirmiers…) pourraient trouver une réponse par le temps libéré.


Repenser le travail / les revenus / la notion de PIB


Tous ces changements impliquent que la notion de travail change, et qu'on repense ce que veut dire donner des revenus aux gens :


  • Jusqu’à présent, le travail c’est l'activité rémunérée qui permet de créer de la valeur économique. Mais c’est de moins en moins vrai.

  • De plus en plus, le travail doit évoluer pour mieux représenter la notion d'activité (dans le sens où les gens devront continuer à avoir une activité, il ne s’agira plus de travailler dans un bureau de 9h à 17h). La vision que porte Jeremy, c'est que le travail dans 20 ans, ce sera l'activité par laquelle on résout les problèmes qu'il y a dans la société.


Aujourd'hui, on a tendance à stigmatiser les gens qui ne travaillent pas, par rapport aux gens qui travaillent : si tu ne travailles pas, tu n'es pas un membre contributif de la société. Et pourtant, beaucoup de personnes qui ne travaillent pas sont impliquées dans des ONG, des associations, et font beaucoup de bien à la société. Même élever un enfant par ses parents est contributif, car un enfant mal éduqué peut causer des dégâts à la société. Il existe plein d’endroits qui échappent au capitalisme ordinaire, et qui pourtant contribuent au bien-être de la société (par exemple le couchsurfing).


Le secteur quaternaire sera enfin une reconnaissance de ce type d'activité : si tu es prêt à jouer le jeu du savoir vivre ensemble, et si tu es prêt à jouer le jeu de t'impliquer dans une association ou dans une collectivité pour aller faire tout un tas d'activités qui permettent de faire en sorte que la collectivité se tienne, cela mérite un revenu. On ouvre ici le sujet du revenu contributif, qu’on évoquera ci-après.


Au final, plus largement, il va falloir repenser le PIB, car toute notre économie est connectée à cet indicateur : c’est la création de valeur qui permet d'augmenter le PIB, et tant qu'on sera dans ce paradigme, toutes les activités du quaternaire ne pourront pas être mieux valorisées. On va avoir une transition un peu compliquée dans les 10 / 15 ans à venir, où le sujet va être de repenser le logiciel mondial de la compréhension de la valeur. Actuellement, c'est un sujet qui avance beaucoup au niveau mondial.


Comment initier la transition ?


Le passage vers le secteur quaternaire nécessite de nombreux changements de paradigme et d’outils. C’est une question d’organisation, et donc de change management. Voici quelques pistes dont cette transition pourrait être organisée :


Changer la conception du travail


On l’a vu précédemment, le premier aspect du changement concerne la redéfinition du travail. Actuellement, le travail est souvent considéré comme une conséquence de diplômes et d'efforts, et il est étroitement lié à la création de valeur économique.


Pour que le secteur quaternaire prenne forme, il faut remplacer le concept de travail par celui d'activité ou de contribution, permettant ainsi d'inclure des personnes qui contribuent à la société de différentes manières, mais qui n’ont pas forcément de diplômes ou qui ne travaillent pas en 3x8. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes n’ont plus envie de contribuer au système, se désengagent, ou sont exclus du marché parce qu’il n’y a rien à leur proposer. Alors qu’on a vraiment besoin d’eux !


Le travail devrait être notre envie et notre capacité à nous mettre au service de quelque chose de plus grand que nous-mêmes.

Mais nous ne sommes pas du tout dans cet état d’esprit à l’heure actuelle. Il faut faire évoluer la notion de travail, et donc aussi le PIB. Mais cela ne peut pas se faire au niveau local, ce sera aux acteurs économiques et politiques d’être prêts à dire : on arrête de parler de travail, on parle d'activité ou de contribution. C’est un très gros sujet à poser sur la place publique.


Repenser le développement et la formation


Il va également falloir revoir le développement des compétences et la formation. Actuellement, en France, la valeur des compétences est principalement reconnue par des diplômes certifiés par l'État. Il faudrait plutôt décentraliser cette reconnaissance des compétences : la validation viendrait tout simplement de ceux qui ont besoin de ces compétences, plutôt que d'une autorité centrale.


Les open badges, qui existent déjà, sont un exemple concret de cette nouvelle approche : c'est une logique qui émerge dans beaucoup de communautés alternatives, pour essayer de reconnaître des caractéristiques ou des compétences à des individus. Par exemple, un open badge pourrait reconnaître qu’Alexis est un excellent podcasteur - sans nécessiter une validation formelle de l'État.


Exploiter les technologies de décentralisation comme la blockchain


La technologie blockchain peut soutenir cette transition vers le secteur quaternaire, par exemple en permettant de sécuriser et valider les compétences des open badges. On n’aura alors plus besoin que l'État dise : ça, ça vaut quelque chose ; ça, non.


Jeremy croit beaucoup en l'intelligence collective, mais celle-ci doit être organisée. Une technologie blockchain bien pensée, bien éco-conçue est une technologie fantastique pour penser l'intelligence collective.


Le revenu contributif


Dans notre société, une partie des personnes ne peuvent pas contribuer, soit parce qu'elles ont des handicaps trop lourds, soit parce qu'elles ont des moments de la vie où elles ne sont pas en mesure de contribuer, ça arrive. Le fantasme de droite de méritocratie qui affirme "qui veut peut" n'est pas vrai, pas plus que le fantasme de gauche que toutes les personnes ont leur propre valeur, car une personne avec un déficit n’arrivera pas forcément à le compenser d’un autre côté.


Il n’est pas juste dans notre système actuel que des influenceurs gagnent des centaines de milliers d’euros avec quelques photos, alors que des gens gagnent le SMIC en travaillant vraiment dur toute la journée. Et tout le monde n'a pas la capacité (ni l’envie) d’être influenceur. Ce sont les opportunités dans notre enfance, notre adolescence, et ensuite les contextes dans lesquels on est, qui déterminent un peu nos chemins de réussite sociale. Cette réussite dépend essentiellement de trois aspects :


  • l'estime de soi,

  • la confiance en soi, la capacité à croire en ses chances,

  • et l'affirmation de soi, c’est-à-dire la capacité à s'imposer devant les personnes qui ont une forte confiance en eux.


On doit donc créer un système :


  • pour soutenir ces personnes qui ne peuvent pas contribuer à un moment ou un autre de leur vie, ou qui n'ont pas les capacités pour contribuer.

  • mais qui permette aussi à chacun de contribuer à la hauteur de ce qu'il peut faire, de ses capacités à l’instant T de sa vie : c’est la forme que devrait prendre l’égalité dans notre société. Et donc arrêter de stigmatiser ceux qui n’ont pas les bons diplômes ou parce qu’ils ne travaillent pas 15h par jour. Tout le monde n’a pas les mêmes capacités ni la même énergie.


Le vrai sujet c'est demain, on contribue, mais on contribue pour qui ? Beaucoup de gens ne veulent pas travailler parce qu'ils n’ont pas envie de bosser pour un patron, pour enrichir quelqu'un, ils se disent que ça n'a pas de sens, et cela se comprend. Dans notre société, surtout depuis le Covid, de plus en plus de gens se posent cette question du sens, à savoir pour qui ils contribuent.


Diverses expérimentations sur le revenu contributif ou universel ont déjà été menées en France, dans les pays nordiques, et aux États-Unis. Les résultats sont variés, mais montrent que la contribution est indispensable pour assurer la viabilité du système. Il reste de nombreuses questions à résoudre, notamment en termes de justice sociale, qui peut, ou ne peut pas, recevoir ce revenu. Il ne faut pas non plus rendre les gens fainéants…


Il faut également réussir à dépolitiser le sujet, car pour l’instant en France, les initiatives sont très politisées. Le RSA contributif peut être une bonne idée, mais pas en stigmatisant les personnes : si la personne ne se bouge pas, elle ne méritera pas son allocation


De même pour la retraite, sujet très politique également : pour l’instant la règle c’est qu'on travaille pendant 40 ans, puis le reste de la vie, on fait ce qu’on veut. Demain si on va sur la notion de contribution, tout changera, peut-être qu’on pourra décider que pendant 1 an, on ne va pas contribuer, et prendre soin de soi, ou faire un tour du monde... De toute façon, il faudra repenser le système des retraites, puisqu’il ne pourra pas tenir tel qu’il est, vu l’allongement du temps de vie qui est prévu (dans les pays de l'OCDE, à partir de 2029, on va gagner un an de vie tous les ans).


Au final, on va répartir différemment ce que veut dire travailler, contribuer, et on sera plus peut-être dans des phénomènes de Stop and Go.


MAIS QUI EST JEREMY LAMRI ?


  • Il a fondé plusieurs entreprises dans le domaine de la tech RH : Monkey tie, un logiciel de recrutement ; Le Lab RH, créé en 2015 avec Boris Sirbey ; Et il y a 2 ans, Tomorrow Theory, un studio d'innovation RH qui aide les entreprises à intégrer tous les enjeux du monde d'après, comme l'IA, la blockchain, la réalité virtuelle, la transition écologique, la santé mentale, et les soft skills.

  • Il a également travaillé plusieurs années chez JobTeaser, leader européen du recrutement.

  • En parallèle, Jeremy est également chercheur et professeur à Sciences Po.

  • Son dernier projet est un recueil de 15 nouvelles de fiction sur les futurs possibles du travail, Echoes of Tomorrow, qui explore différents scénarios, du plus dystopique au plus utopique.


Vous pouvez contacter Jeremy sur LinkedIn ou sur Instagram

Son dernier livre Echoes of Tomorrow



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